Présentation synthétique du Projet Noé

Le Projet Noé est né à l'initiative de Projet Noé.
Son but est de favoriser le classement de certaines régions viticoles européennes au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco (Convention de 2003).
Cette démarche est le fruit d'une réflexion sur le monde actuel du vin et ses perspectives. Elle propose d'emprunter la voie du développement durable et de la défense de la diversité des terroirs comme réponse aux problèmes posés par le marché et aux interrogations de l'opinion publique sur les conditions mêmes de production (identité, respect de l'environnement et du consommateur).
Pour ce, Noé distingue trois éléments fondamentaux et indissociables constituant le terroir en patrimoine, et en faisant la base d'une compétitivité forte (vins inimitables) : les techniques viti-vinicoles traditionnelles, le monde vivant (cépages, sols) transformé par l'activité humaine, le partage et la circulation au sein d'une communauté, et de générations et générations, de ces connaissances et mémoires.

Le Projet Noé en trois points

Le Projet Noé est définit dans un texte fondateur soumis à la signature de ses participants.
Sa réflexion et son projet d'action s'articulent en trois points que voici.

La culture et les savoirs au centre du développement durable et de la compétitivité

Le terroir est un objet culturel tant sur le plan technique et sociologique que sur le plan environnemental. De la disparition ou du développement des savoirs et savoir-faire qui le composent dépendent non seulement l'identité gustative (facteur de différenciation) de ses vins, mais aussi la pérennité d'un environnement et d'un capital humain forgés et transmis au fil des générations. Un patrimoine donc.
Noé voit donc dans l'approfondissement et la diffusion de ces savoirs un facteur d'accroissement de la compétitivité et d'amélioration de l'impact social et environnemental de la production. En d'autres mots, la garantie d'un développement durable.

Un programme d'orientation écologique et de défense de la biodiversité

Zone de dialogue entre nature et culture, l'environnement propre à un terroir est un équilibre unique et fragile à protéger d'une activité basée sur un modèle de destruction touchant, au-delà du goût et du patrimoine, la santé publique.
Noé prône donc l'adoption progressive des méthodes biologiques à tous les vignobles prétendant au classement.
D'autre part, la défense de la diversité impose un effort de conservation des cépages traditionnels, de préférence aux cépages internationaux. Loin d'une logique de musée ou d'une pulsion nostalgique, cette diversité maintenue ouvre les possibilités d'approche des différents marchés et types de population.

Un programme de collaboration entre le monde vigneron et la recherche

Les terroirs ont un contenu objectif à définir localement, en collaboration avec les membres des communautés vigneronnes et le monde de la recherche, ou par une recherche vigneronne !
Cet effort contrera un usage facile du mot « terroir » cachant souvent son absence-même ou sa disparition. Il est donc garant à moyen terme d'une augmentation de la qualité et d'un renforcement la diversité.
Il nourrira également les dossiers adressés à l'Unesco et apportera des éléments bien définis sur ce qui est à protéger et ce que l'on doit développer.
Enfin, cette approche permettra d'éclairer les enjeux publiques de la production viticole, rendant au vin sa dimension culturelle et la place qu'il mérite.